La g r a m m a i r e de F o r a t o r
Je pense que la tâche de la prochaine génération d’écrivains, en face de la plus terrible menace qu’ait connue la littérature française, va être d’y réintroduire… la syntaxe.
« François de Grossouvre le sait bien qui accueille, au petit matin, les invités au nom de la République comme s’il était lui-même châtelain. » (Raphaëlle Bacqué, Le dernier mort de Mitterrand, p. 145.) « Trois ou quatre chiens les accompagnent qui ramasseront...
Un peu partout, le subjonctif « voie » (que je voie, qu’il voie) est maintenant remplacé par la graphie « voit ». Et « voies » est devenu « vois », dans : que tu voies. La faute est particulièrement fréquente dans les livres pour enfants, fussent-ils...
1. Remettre quelqu’un sur pied / le remettre sur ses pieds : Le jeune James Adams, agent de CHERUB, s’est mal conduit lors d’un exercice. « – […] Lève-toi, James. Gabrielle, aide l’autre idiot à se remettre sur pieds [sic]. » (Robert Muchamore, Cherub,...
2. Le pléonasme syntaxique analysé précédemment constitue une manifestation supplémentaire de notre irrépressible tendance à l’hypercorrection (celle qui nous fait employer « lorsque l’on » là où nous devrions nous contenter de « lorsqu’on »). Un ce qu’il...
Il y a une différence très nette entre ces deux phrases : « Ne désespère pas Gilbert » et « Ne désespère pas, Gilbert ». Seul l’ajout d’un signe typographique permet de ne pas confondre la seconde avec la première. Il convient en effet de tracer une virgule...
Lorsqu’il fait s’entrelacer les paroles directes de ses personnages avec les mouvements rectilignes du tronc narratif et avec les mouvements latéraux des ramures descriptives, l’écrivain s’efforce de façonner une structure organique et d’y faire circuler...
Ceux qui ont lu Confusions et contresens (première salve) attendaient peut-être la suite de mon petit catalogue. Comme j’ai trouvé de quoi préparer une nouvelle salve encore plus nourrie que la première, il m’a fallu en distribuer la matière dans plusieurs...
Notes pour compléter un billet ancien ( Les noces du français courant et du moralement correct ) : « Seule une personne perdit la vie au cours des affrontements qui opposèrent les deux gangs aux abords de l’entrepôt en flammes. Les forces de l’ordre procédèrent...
Pour comprendre l’accord du verbe après dizaine, quinzaine, vingtaine, quarantaine, etc., on relira un précédent billet : Quel accord choisir après une locution au singulier qui est suivie d’un nom au pluriel ? . La faute qu’on doit absolument commettre...
Doit-on accorder le verbe avec le complément ou avec le nom complété ? Ce problème a déjà été abordé dans Le singulier de confort, ou les nouveaux ravages de l’hypercorrection . Dans chacun des exemples qui suivent, l’idée de pluralité (exprimée par le...
« Écrit dans une langue élégante, bâti sur une structure narrative résolument moderne, ce roman né d’un chassé-croisé entre fiction et réalité a connu un immense succès à sa parution en 1906. » (Texte non signé, en quatrième de couverture des Désenchantées...
Chacun sait qu’on n’est pas obligé de raconter le passé en utilisant le passé. Le choix du présent comme temps de base d’une narration n’a rien de répréhensible. Un texte ou un discours racontant une histoire, dans lesquels la concordance est entièrement...
Quand les Français racontent des événements ou résument des actions, ils ont une fâcheuse tendance à le faire au futur. De nos jours, même le passé se raconte au futur. Il s’est répandu un absurde futur qu’on peut dire « de narration », utilisé pour résumer...
Il est parfois employé dans la conclusion d’un résumé, sur le modèle du futur de « mise en appétit » du lecteur évoqué précédemment : « Jean Seghers est inquiet : sa station-service a été déclarée en faillite. Son veilleur de nuit-mécanicien lui réclame...
Il semble que ce futur « factice » en vienne aujourd’hui à se substituer non seulement au présent de narration mais aussi à certains emplois du présent de vérité générale. Une partie de texte vouée au commentaire ou à la description peut ainsi dériver...
Si je raconte à quelqu’un ma journée de la veille, j’en résume les événements saillants au présent et non au futur. Et, curieusement, les blagues sont encore racontées au présent. De même, les journalistes qui racontent des faits réels le font au présent…...
212 - Le subjonctif dans la subordonnée de subordonnée (3) 211 - Le subjonctif dans la subordonnée de subordonnée (2) 210 - Le subjonctif dans la subordonnée de subordonnée (1) 209 - Le poncif du « résolument moderne » 208 - Yves Ravey et les incises...
Yves Ravey fait partie de ces écrivains modernes qui tentent d’estomper les marques de séparation, de disjonction, entre les parties narratives ou descriptives et les parties qui appartiennent au discours (parlé ou pensé). Dans la prose de ses romans,...
Quoi est le seul pronom relatif avec lequel on peut renvoyer à la locution quelque chose. Il faut dire : quelque chose à quoi on n’avait jamais pensé, et non pas : « quelque chose auquel on n’avait jamais pensé » (ni : « quelque chose à laquelle… »)....
D’autre part, nous voyons surgir, partout dans le roman, un avec qui se voit chargé d’introduire toutes sortes de compléments d’accompagnement. Exemple : « [I]l y avait le président du comité citoyen [sic] de Chlisselbourg, un petit vieux avec des sourcils...
Jamais encore je n’avais vu la construction « Avec X, nous… », « Avec X, on… », etc., aussi fréquemment employée dans un livre. Écrit par Davide Morosinotto et paru en italien en 2017, ce roman pour jeunes lecteurs a été traduit en français par Marc Lesage...
En plein milieu d’une narration au présent, l’emploi du futur est légitime lorsque l’auteur se livre à une véritable anticipation. Les événements qu’il anticipe sont généralement aussi révolus que ceux du récit principal mais ils se situent postérieurement...
Les Français ont tendance à confondre les pronoms y et en. Parallèlement, on constate de nombreux cas d’omission pure et simple du pronom y ou du pronom en. 1. Omission pure et simple : Ces deux pronoms sont en train de disparaître de la langue orale…...
Une entreprise de féminisation du français, qui s’impose par intimidation autant que par décret, est en cours. On nous impose les désinences à choix multiple ou plutôt à imbrication (dites « inclusives »), qui sont imprononçables, au moment même où nos...
La non-répétition de la préposition à ou de est autorisée dans le cas d’une énumération de noms de ville ou de village, surtout s’il y en a plus de deux. Chez les écrivains du passé, le phénomène était rare et répondait à une intention stylistique précise...