Je préconise l’ajout du tréma sur le u dans le nom gageure et dans le verbe arguer : ça donnerait argüer et gageüre. En effet, le u de ces mots se prononce.
Au milieu du nom gageure se trouve un e qui n’était destiné qu’à adoucir le g et à lui donner le son du j. Quant au verbe arguer, c’est un mot de trois syllabes.
On ajouterait soit le tréma, soit l’accent circonflexe comme dans piqûre.
Nous cesserions peut-être d’entendre prononcer « gajeure » ou « ar-gué ». La dernière syllabe de gageure ne se prononce pas comme dans nageur, et Il argue ne rime pas avec Il nargue. Ces mauvaises prononciations se sont répandues au cours des trente dernières années.
Pourquoi une réforme orthographique aussi peu coûteuse n’est-elle pas venue à l’esprit de nos linguistes ? Surtout quand il était encore temps de la faire… L’ajout d’un signe diacritique, en rapprochant la graphie de sa prononciation réelle, aurait empêché le divorce que nous constatons aujourd’hui entre des mots qui sont de la même famille : arguer et argument, ou qui relèvent d’un processus identique de suffixation : gageure et morsure, verdure, brûlure…
On a parfois l’impression que le vrai projet des linguistes n’est pas de consolider la connaissance de notre langue mais de l’affaiblir.