Je préconise l’ajout du tréma sur le u dans le nom gageure et dans le verbe arguer : ça donnerait argüer et gageüre. En effet, le u de ces mots se prononce.
Au milieu du nom gageure se trouve un e qui n’était destiné qu’à adoucir le g et à lui donner le son du j (comme dans le prénom Georges). Quant au verbe arguer, c’est un mot de trois syllabes. Gageure ne rime pas avec nageur, et Il argue ne rime pas avec Il nargue.
On ajouterait soit le tréma, soit l’accent circonflexe comme dans piqûre.
Pourquoi une réforme orthographique aussi peu coûteuse n’est-elle pas venue à l’esprit de nos linguistes ? Surtout quand il était encore temps de la faire… Les mauvaises prononciations « ga-jeure » ou « ar-gué » se sont répandues au cours des trente dernières années.
L’ajout d’un signe diacritique, en rapprochant la graphie de sa prononciation réelle, aurait empêché le divorce que nous constatons aujourd’hui entre des mots qui sont de la même famille : arguer et argument, ou qui relèvent d’un processus identique de suffixation : gageure et morsure, verdure, brûlure…
On a parfois l’impression que le vrai projet des linguistes n’est pas de consolider la connaissance commune de notre langue mais de l’affaiblir.
Ils ont d’autres priorités. On se rappelle que certains d’entre eux se sont battus pour que le vieil accent aigu du deuxième e d’événement soit officiellement remplacé (voir Prononciation nouvelle du « e » interne) par un accent grave.